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Généalogiste

Vous trouverez ici des articles sur des sujets bien étranges ou décalés qui de prime abord n'ont que peu de rapport avec la généalogie ! Mais comme dit le dicton "l'habit ne fait pas le moine". Alors lecteur de passage ou "fan" de la première heure, vous trouverez ici, je l'espère, de quoi nourrir votre curiosité ! Bonne lecture.

 

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Les croix et calvaires

20/03/2021

Les croix et calvaires

N’avez-vous jamais vu ces croix ou calvaires lors de vos promenades ou lorsque vous rentrez du travail ? Ces petits monuments sont présents depuis si longtemps que vous passez devant sans y prêter attention.


Il peut sembler difficile d’y voir un lien avec la généalogie. Pourtant cela aide à contextualiser le quotidien de vos ancêtres et la vie d’une communauté. 

 

Alors regardez tout autour et vous verrez ressurgir les traces du passé cachées là sous vos yeux.

 

Comment les distinguer ?


Le calvaire est bien souvent un monument érigé près d’une église, dans un cimetière. C’est une croix monumentale en pierre qui comporte au moins trois personnages présents au Golgotha. Le mot calvaire vient de la traduction de l’araméen Golgotha et signifiait crâne. Le calvaire commémore la crucifixion du Christ sur le mont du même nom.


La croix est plus simple et se retrouve au bord des routes, aux entrées ou dans les villes et les villages.


C’est au début du VIe siècle que la croix devient un objet de culte pour les fidèles chrétiens. Plus tard, vers le XIe siècle, les croix apparaissent en dehors des lieux de cultes. Au XVe et XVIe siècles, elles deviennent plus importantes aux yeux des gens et cela jusqu’à la Révolution. La Révolution entraînera beaucoup de destructions, dont celles de nombreuses croix et calvaires. Au XIXe siècle, ces monuments seront restaurés ou à nouveau érigés et joueront un rôle de guide et de protection. 


Il y a différents types de croix :

-    Les croix de justice : la croix se trouvait sur la place à côté du pilori, le lieu où étaient exposés publiquement les « criminels ». 

 

croix de justice

Croix de justice de la commune de Le-Malzieu-Ville, Lozère

 

-    Les croix des chemins ou des carrefours : souvent implantées en bordure de route ou de chemin, elles avaient plusieurs symboles :  effacer un lieu de culte païen, protéger des récoltes, un lieu d’asile (juridiction religieuses) ou une limite de territoire (seigneuries, communes ou juridictions religieuses).Mais elles pouvaient également être un lieu de mémoire (épidémies, catastrophes), un lieu de témoignage de reconnaissance pour la protection (protégé d’un incendie, inondations, pas de victimes de guerre, etc.) ou être encore le témoignage du passage d’un Saint ou d’un événement religieux. A un carrefour, elles servaient le plus souvent à guider, à indiquer et selon l’époque, elle protégeait le voyageur des mauvaises rencontres.

 

croix de chemin

Croix de chemin de la commune de Puy-Saint-Martin, Drôme


-    Les croix et les pierres des morts : les cimetières se trouvaient autour des églises. Avec le temps, ceux-ci ont été déplacés le plus au souvent éloignés des habitations. Dès lors, le trajet devenait assez long. En effet, le corps du défunt était souvent porté à bras d’homme et non en « voiture ». C’est pourquoi certaines croix avaient une dalle en pierre à leur côté où se trouvait parfois une dépression circulaire dite cupule. Cette cupule servait à recevoir les pièces de monnaies destinées aux porteurs. La pierre des morts était aussi appelée pierre d’attente.

 

croix et pierre des morts
Croix et sa pierre des morts, commune de Saint-Germain-de-Modéon en Côte d’Or.

 

-    Les croix de mission : L’église voulait rassembler ses fidèles, leur redonner la foi, c’est pourquoi elle forme des prêtres et des prédicateurs missionnés pour réévangéliser les populations. Ces croix comportent plus on moins de symboles. La croix de mission des photos ci-jointes aurait été érigée pour les missions de 1848, 1879 et 1960.

 

croix de mission

Photo personnelle - Croix de mission de Puy St Martin - Drôme

 

La lecture se fait du haut vers le bas et si certains symboles peuvent interpeller, ils racontent tous la passion du Christ. 


Du haut vers le bas : Le calice entouré de rayons et posé sur un nuage. 


Sur l’axe horizontal de la croix, on peut voir de gauche à droite : les trois clous, une aiguière qui est vase ancien muni d’une anse et d’un bec, la couronne d’épine et le cœur de Jésus, la main du garde qui gifla Jésus et enfin le marteau et la tenaille qui ont servi à enfoncer ou enlever les clous du crucifié. 


Nous continuons à nouveau sur l’axe central en descendant et nous pouvons observer le voile de Véronique portant le visage du Christ, un faisceau (voir mon précédent article sur l’en-tête). Il comporte la lance, le glaive et la branche qui porte l’éponge qui humecta les lèvres du supplicié, l’échelle pour descendre le corps.  S’ensuit la colonne où Jésus a été flagellé et le fouet. Pour finir on trouve la tunique de Jésus et les dés avec lequel les soldats jouèrent afin de tirer au sort le partage de ses vêtements. 

 

croix de mission soclePhoto personnelle - source croix de mission - Puy St Martin - Drôme

 

Sur le socle, on peut lire missions de 1879 et 1960. Les symboles se trouvant sur cette croix relate la Passion du Christ telle qu’elle est racontée par les Evangiles.

 

croix de mission
Photo personnelle, croix de mission de la commune de Puy-Saint-Martin, Drôme

 

Cette autre croix de mission a d’autres symboles mais également en lien avec la Passion du Christ. Ici, on peut voir de la vigne mêlée à des épis de blé. Le blé pour le pain symbolise le corps du Christ alors que la vigne pour le vin symbolise le sang du christ.

En haut, au centre de la croix, se trouve le cœur et la couronne d’épine alors qu’en bas au niveau du socle on peut y voir deux têtes d’anges qui symbolisent l’annonce de la résurrection du Christ. Sur le socle, on peut lire Mission de 1848.


Bien sûr, toutes ces croix ont des spécificités régionales et certaines associations se mobilisent pour les protéger, les restaurer et éviter que leur histoire tombe complétement dans l’oubli.


Sources : Office de tourisme de la Lozère ; Jean-François DEVALIERE de l’Association de sauvegarde des édifices ruraux de Côte d’Or ; Département de la Drôme ; Patrick GARCIA, Mémoire des Hommes de Sainte Livrade sur Lot ; Marcel BAUDOUIN, Les pierres d’attente des morts de France ; Jean MICHEL « Croix en fer forgé du Val de Mouthe et alentours » ; Le Club Patrimoine de Lassouts, les croix des missions.

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